Ma Photo
Blog powered by TypePad

Ouvrages de référence

Producteurs

  • Audit_051
    Visages croisés durant mes visites: visages attachants et pleins d'histoire ! Rencontres avec des hommes et femmes d'exception...

plantation ou organisation de petits producteurs?

Bonjour,

aujourd'hui, le Commerce Equitable tel que défini par Max Havelaar s'applique à 2 types de structures: la plantation et l'organisation de producteurs. Ces 2 structures correspondent principalement à 2 bénéficiaires différents. Dans le cas des plantations, la certification concerne généralement de grandes plantations privées, notamment dans la banane, le thé ou les fleurs, qui s'engagent à se mettre en conformité sociale vis à vis de leurs travailleurs. Dans ce cas, l'aspect équitable concerne les salaires des employés, les conditions de travail, le temps de travail ou la liberté syndicale. La prime de Commerce Equitable est gérée par un comité composé de représentants des salariés et du management de l'entreprise. Dans ce modèle, le bénéficiaire est le travailleur.

Dans le cas des organisations de producteurs, les membres des groupements sont généralement propriétaires de leur terre et ont constitué une association ou une coopérative dont ils sont propriétaires. Les producteurs sont des "professions libérales" dont le revenu est variable en fonction de la récolte. Dans ce cas, la certification équitable se concentre sur le paiement d'un prix minimum permettant de couvrir les coûts de production et sur le renforcement des organisations pour que les producteurs bénéficient d'un véritable outil de développement, industriel et social.

Nous avons toujours fait le choix de travailler uniquement avec le second groupe. Pour nous, le travail n'est pas le même. Il y a une différence fondamentale entre importer du thé produit par une entreprise de taille importante qui a tout le savoir faire et l'expérience pour exporter son produit et  l'importer d'un groupe de 30 producteurs, perdu au fin fonds de l'Afrique du Sud sans aucune connaissance des mécanismes de base du commerce international.

La dynamique de développement n'est pas la même et la difficulté mais aussi l'intérêt de notre travail sont différents.

Le préfinancement: quel modèle?

Bonjour,

Dans le monde du Commerce Equitable, 2 visions cohabitent sur le sujet du préfinancement. Il s'agit là d'un engagement qui définit notre relation commerciale mais qui peut être interprété de manière différente. En bref: faut-il faire payer le préfinancement?

Sur le principe même, tout le monde est d'accord. les structures avec lesquelles nous travaillons sont généralement très fragiles et n'ont aucune capacité de trésorerie, notamment pour assurer l'achat de la matière première à chaque producteur. Nos commandes viennent bouleverser le "rythme" financier et les coopératives ont besoin pour assurer nos containers d'une quantité importante de liquidité. Les acteurs de Commerce Equitable versent donc jusqu'à 60% de la commande en avance pour pallier ces difficultés. Mais doit-on appliquer un taux d'intérêt?

Alter Eco a considéré jusqu'ici que le préfinancement devait être gratuit, d'abord parce qu'il était perçu comme tel par le consommateur et ensuite parce qu'il ne s'agissait pas pour nous d'un prêt-financement mais bien d'une avance de trésorerie qui, dans un contexte de Commerce Equitable, devait être gratuite. D'autres acteurs considèrent que cette pratique est anti-économique et que l'objectif de notre commerce est d'amener les groupements de producteurs à se réintégrer progressivement dans un circuit normal. Dans cette perspective, ils considèrent que, comme dans tout système bancaire, les producteurs doivent rémunérer ce service mais à un prix équitable, loin des taux usuriers pratiqués localement. C'est pour l'instant la position de Max Havelaar qui considère qu'un préfinancement en dessous de 10% (taux annuel) est équitable.

Le débat est ouvert...

Premiers pas en Palestine

Bonjour,

après avoir pas mal voyagé dans la région du Moyen-Orient entre Liban, Syrie et Jordanie, je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir Israël et les territoires occupés. Arrivée à Taybeh, en Cisjordanie, le samedi soir, pour me pencher sur la filière huile d'olive que nous avons mis en place depuis 2004. Taybeh, c'est Cloche-Merle! un paysage désertique de collines et des villages qui peuplent chaque sommet. Les villages se regardent, s'épient et se testent. J'arrive donc et ressens tout de suite une certaine agitation, une certaine tension. Taybeh est un village chrétien. La veille, un habitant du village d'en face, musulman, traverse le village en voiture, heurte le véhicule d'un local. Le ton monte, on en vient aux mains.  Le palestinien musulman retourne dans son village (la colline d'en face) et revient accompagné d'une centaine de jeunes. L'engueulade de circulation tourne en bataille rangée où la dimension confessionnelle prend tout de suite le dessus. Résultat de la bagarre: des voitures brûlées et surtout un jeune musulman qui perd un oeil.

Difficile dans ce contexte de s'extirper des querelles de clocher qui portent pourtant en elles tous les enjeux de la région. On voit à l'échelle du village la difficulté, voire parfois l'impossibilité, de réconcilier les positions. C'est assez désespérant.

Le jus de fruits au Brésil

Bonjour,

Le marché de jus de fruits est fou!!! Le jus d'orange, tout comme le jus de pamplemousse, atteint des sommets avec un prix de marché qui approche aujourd'hui les 2000US$ la tonne de concentré.  Il y a encore quelques années le concentré d'orange s'échangeait sur les marchés internationaux à des prix bien inférieurs à 1000$ la tonne: pourquoi une telle évolution et à qui profite-t-elle? Certes, des raisons naturelles expliquent cette tendance avec les dégats des dernières années sur la Floride qui concentre aujourd'hui la majeure partie de la production d'agrumes. Les ouragans, les inondations ont largement endommagés les plantations, en Floride comme à Cuba, entraînant une forte baisse des volumes. Mais c'est finalement la spéculation qui maintient cette situation et l'accentue. Lors de mon dernier voyage au Brésil, au mois d'octobre, cette situation était criante. Malheureusement, cette situation ne profite que partiellement aux coopératives de petits producteurs. En effet, aucun groupement n'est assez puissant et structuré pour bénéficier de sa propre unité de fabrication, transformant les fruits en concentré. Les groupements achètent les fruits aux producteurs puis utilisent les services d'une industrie pour la transformation en échange d'une rémunération. Or, ces industries font l'objet d'une concentration très forte dans les mains des conglomérats du jus comme Citrovita ou Parmalat. Lorsque le prix de marché augmente, les industries préfèrent généralement vendre leur propre concentré plutôt que de processer pour le compte des coopératives. Elles tentent donc de faire augmenter le prix de leur prestation soit pour rentabiliser leur activité soit pour dissuader les coopératives de les solliciter. Du coup, la majeure partie de l'augmentation du prix de marché est utilisée par les coopératives de commerce équitable pour payer une prestation de service qui flambe.

Il est donc plus que nécessaire d'aider ces groupements à acquérir leur autonomie en investissant dans leur propre unité de transformation. C'est ce que nous essayons de mettre en place, notamment au travers du projet Alter Eco Brésil qui vise à commercialiser des produits brésiliens sur le marché brésilien. A horizon 2008, nous espérons que les producteurs d'agrumes brésiliens auront gagné leur autonomie.

La banane du Costa Rica

Bonjour,

nous travaillons depuis qqes mois avec la coopérative APPTA qui se situe dans le sud-est du Costa Rica, dans la région de Talamanca. A l'occasion d'une mission, cet été, j'ai encore pu constater à quel point les contrastes peuvent être saisissants dans ces régions. Talamanca: le repère des jeunes touristes américains et européens qui viennent se prélasser sur les magnifiques plages du pays en sirotant tranquillement leur margarita... A quelques kilomètres de là, le village de Bribri, en retrait par rapport à la côte et ignoré des flux touristiques. C'est là que plus d'un milliers de producteurs se sont regroupés pour tenter de survivre sur un marché de la banane trusté par Dole, Chiquita ou Del Monte. 2 mondes qui n'ont rien à voir: Côté Chiquita, d'immenses plantations à perte de vue, uniquement en monoculture, utilisant à profusion pesticides et herbicides et où les régimes sont tractés vers l'usine par des systèmes automatiques. Côté APPTA, principalement de l'agriculture de consortium où bananiers et cacaoiers cohabitent, des chemins boueux pour rejoindre après 45 minutes de marche "la propriété" d'un producteur, au milieu des collines et de la jungle, un produit entièrement biologique et le chemin en sens inverse pour ramener les régimes à la route...Et pourtant, au final les deux bouteilles sont sur les mêmes rayons...