Bonjour à tous,
ma dernière mission m'a conduit au Maroc où depuis 2004 nous travaillons avec une coopérative de femmes, dans le Rif, sur un programme d'huile d'olive. Cette région du Nord du pays est depuis toujours le lieu de la culture du cannabis et notre intervention s'inscrit dans un programme de substitution mis en place par le PNUD. C'est véritablement une relation exemplaire en termes de commerce équitable: intégration et émancipation des femmes dans et par l'économie, diversification des cultures, défense d'un patrimoine ancestral, l'olivier, promotion d'une agriculture biologique... Difficile pourtant de croire que l'urgence se trouve si près de nous. On associe souvent au commerce équitable l'image de l'Amérique du Sud ou de l'Asie. L'urgence est pourtant bien là, juste de l'autre côté de la mer et le contraste entre Casablanca et les zones rurales est saisissant.
Sur le marché de l'olive, on retrouve une situation très habituelle, avec des intermédiaires qui profitent de situations financières désastreuses pour acheter aux petits producteurs leur récolte "sur pied" au mois de juin pour une récolte effective au mois de novembre. Cette "avance de trésorerie" se fait bien évidemment à moitié prix et participe au maintien des producteurs dans des situations catastrophiques. D'où l'importance pour nous de bien préfinancer pour convaincre les producteurs de la véritable plus-value du commerce équitable.
Je garde également en mémoire ce témoignage de producteur tenté à plusieurs reprises par l'immigration vers l'Europe. Passeurs véreux, transfert à l'arrière des camions, attente dans la nuit, échec... c'est aussi à ça que l'on peut essayer d'amener une réponse.