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Ouvrages de référence

Producteurs

  • Audit_051
    Visages croisés durant mes visites: visages attachants et pleins d'histoire ! Rencontres avec des hommes et femmes d'exception...

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Les femmes de Léo

Bonjour à tous,

j'ai profité de mon séjour au Burkina pour visiter un groupement de productrices de beurre de karité dans le sud du pays. Lundi, 6h30, départ en voiture pour la ville de Léo à 3 heures de route. Finies les dernières traces urbaines, je retrouve l'ambiance des villages africains, les habitations en torchis, les vendeurs d'essence sur le bord de route où le litre de sans plomb se négocie dans une vieille bouteille de Jack Daniels à 500FCFA et les femmes qui marchent pour rejoindre le marché et vendre le manioc...

Très sympa de découvrir ce nouveau produit qui bénéficie d'un standard Commerce Equitable depuis février. Le groupement des femmes de Léo devrait être le premier groupement à être certifié sur ce produit fabriqué à partir de la noix de karité. Les vertus de ce produit sont nombreuses: utilisé par les femmes comme matière grasse dans la cuisine, il sert également d'hydratant, de pommade, de baume.... Je découvre le process en compagnie de la présidente, Yago Nana qui me balade de la torréfaction des noix au moulin puis enfin au "barratage", étape finale durant laquelle les femmes homogénéisent le beurre...Le process est tout à fait artisanal et les non-conformités nombreuses sur le plan de l'hygiène et de la sécurité... les enfants gambadent autour du moulin, le moteur tourne, le bidon de gasoil est à portée de cigarette...

Mais le plus important est l'impact social d'un tel groupement: en termes de prix, le  commerce équitable paie 2000FCFA le kilo de beurre contre 500FCFA sur le marché local. L'activité génère un premier revenu pour des femmes qui assument l'ensemble des charges du foyer sans détenir les cordons de la bourse. C'est un premier pas vers un début d'indépendance et surtout un pas important vers un début de reconnaissance...

La semaine prochaine, départ vers d'autres femmes, mais cette fois au Kurdistan Turque....

De retour à Ouaga

Bonjour à tous,

de retour à Ouaga après un premier séjour ici il y a 5 ans. C'est marrant de retrouver l'aéroport "international", les rues poussiéreuses, les vélos, l'avenue de la révolution, l'avenue N'Krumah, les maquis...De retour ici mais cette fois avec des missions bien différentes d'il y a 5 ans. Au programme: intervention à l'assemblée générale de la Banque Africaine de Développement et départ en brousse, à Léo, au Sud du pays dans une coopérative de femmes.

Aujourd'hui, dimanche, c'est donc la BAD qui est au programme. Nos premiers contacts avec eux datent de fin 2005 pour réfléchir ensemble à des solutions de financement et de préfinancement pour les coopératives. C'est très intéressant de voir que nous avons aussi un vrai rôle de lobbying pour fédérer d'autres acteurs autour de notre cause. Après plusieurs rencontres, la BAD a décidé de consacrer un atelier entier au Commerce Equitable et aux moyens pour la banque de redescendre son action au niveau des petits producteurs. En fédérant une banque de développement, une banque de détail et un acteur comme nous, nous pouvons envisager une bonne répartition des rôles: nous pour l'identification des coopératives, le suivi des projets, la banque de détail pour profiter d'un réseau local et le bailleur pour la garantie. Avec ça le risque est réduit car les coopératives ont un volume de transactions garanti sur le marché Commerce Equitable et le coût du crédit devrait sensiblement baisser.

La solution prend forme et on espère aboutir avant la fin de l'année 2006!

Pour la petite histoire: le matin a été consacré à des interventions de producteurs notamment celle d'un producteur togolais qui a connu quelques difficultés à lire son texte. C'était très touchant de voir ses efforts pour arriver au terme de son texte dans un contexte inédit pour lui. Au final, intervention du ministre burkinabé du commerce: "Bon, et la prochaine fois, vous prenez rendez vous chez votre ophtalmo avant de venir à l'AG de la BAD"...

Encore du chemin à faire avant que les responsables politiques comprennent les préoccupations et les réalités des producteurs: c'est assez triste. A bientôt dans le Sud du Burkina.

Les producteurs pendant la Quinzaine

Bonjour à tous,

La Quinzaine du Commerce Equitable est l'occasion pour les producteurs de nous rendre la monnaie en venant à leur tour nous visiter. Nous recevons cette année Hendrick d'Afrique du Sud, producteur de thé rouge, Pi Tan qui gère une coopérative de riz en Thailande, Reginaldo, producteur d'agrumes, de mangues et de goyaves au Brésil et Prem, productrice de thé dans le Darjeeling Indien.

C'est sain d'inverser de temps à autre le rapport et que ce soit maintenant à leur tour de nous questionner sur nos pratiques, nos méthodes, à leur tour de vadrouiller dans les bureaux pour comprendre ce que l'on fait, à leur tour de nous renvoyer la pression pour mieux vendre et vendre plus... C'est aussi très touchant de pouvoir leur montrer leurs produits en rayon, de les faire rencontrer leurs consommateurs en magasin, de les laisser parler de leur histoire, de leur passé, de leur attachement au produit et à la coopérative.

Notre engagement est aussi là: exiger des coopératives une totale transparence pour pouvoir s'assurer d'une gestion saine et démocratique de l'organisation mais exiger de nous cette transparence vis à vis des producteurs sur nos pratiques, nos marges, notre politique commerciale.

C'est aussi et surtout l'occasion pour moi de renforcer une complicité avec les producteurs, acquise lors des audits et de prolonger cette complicité dans un environnement différent. J'étais heureux de pouvoir profiter de l'étonnement et l'émerveillement de Pi Tan durant un Paris By Night callé entre 2 conférences. C'est le juste retour de mon émerveillement dans les temples de  Wat Po...

Demain: départ pour Ouagadougou où je retourne après un premier passage en 2000...

Le travail des enfants

Bonjour,

J'entendais ce matin un reportage sur le commerce équitable sur France Inter qui se terminait sur le constat qu'il existait du travail d'enfants dans les coopératives. Ce constat était présenté comme une non-conformité majeure qui ne devrait exister dans aucun groupement. C'est faux. Notre engagement de travailler avec les plus défavorisés dans les pays où l'urgence est la plus grande nous oblige à travailler avec des producteurs qui ont régulièrement recours à la main d'oeuvre familiale et à leurs enfants, en particulier en période de récolte.

Nous faisons du Commerce Equitable. Contrairement au Commerce Ethique, notre objectif immédiat et réaliste n'est pas la mise en conformité des producteurs et des sites de production avec les conventions de l'OIT ou les standards d'hygiène et de sécurité des grands industriels. Dans le cas de Nike, d'Adidas ou de bien d'autres, la conformité de leurs interlocuteurs est un pré-requis pour entamer une collaboration. Dans notre cas, on se place dans une démarche de progrès et le respect de ces critères ne peut être qu'un objectif à long terme et l'objet d'une longue pédagogie. L'enfant de Nike et le même que celui qui travaille dans les champs de riz avec son père mais le traitement est différent. Toute notre démarche sur le terrain consiste à mieux faire comprendre les enjeux d'hygiène et de sécurité, à mieux faire comprendre la nécessité d'encadrer l'enfant, d'assurer une alternance entre travail et formation, de faire comprendre la possibilité d'investir la prime dans des projets à caractère éducatif. Il n'y a pas de différence entre l'enfant de Nike et le notre mais dans notre cas, la consolidation de la coopérative peut aussi lui offrir un cadre d'émancipation, d'acquisition de compétences. De nombreuses coopératives sont maintenant managées par les enfants de producteurs qui travaillent à la structuration de la collectivité et tentent de se faire notre relais pédagogue auprès des membres.