Bonjour à tous,
nous voilà de retour à Suvarli dans ce village turc à forte dominante kurde. Nous sommes restés lundi sur un relatif constat d'échec entre la vision du PNUD et celle d'Alter Eco (voir note précédente). Il faut aujourd'hui tout remettre à plat et reconstruire le projet pour le faire correspondre à notre engagement d'aller vers les plus défavorisés.
Première difficulté de la matinée: gérer l'espoir que nous avons suscité auprès de personnes qui ne seront peut être finalement pas les bénéficiaires finaux. C'est un exercice relativement habituel dans mon métier. On débarque dans des coopératives, en provenance de Paris, avec derrière la tête l'idée d'acheter des volumes très conséquents pour les producteurs. C'est un acte assez commun pour nous mais qui peut bouleverser la vie des gens avec lesquels nous travaillons. Acheter une dizaine de tonnes de café, de thé ou de fruits séchés, cela veut souvent dire amener le marché de l'export à des populations qui n'auraient jamais pensé y accéder un jour. Malheureusement, on achète pas à tous les coups: parfois la qualité n'est pas là, parfois les contraintes sont trop grandes pour commencer immédiatement, parfois la conservation du produit n'est pas garantie, etc... il faut alors savoir gérer les attentes, proposer d'autres solutions, mettre les producteurs en relation avec d'autres acteurs susceptibles de leur trouver des débouchés, expliquer pourquoi on repousse et parfois même se retirer.
Du coup, nous passons la matinée d'une part à expliquer aux femmes saisonnières qu'elles ne seront pas les membres de la coopérative et d'autre part à identifier les plus petits producteurs du village. Midi: les femmes comprennent nos positions et de notre côté, nous avons griffonné sur un bout de papier une liste de 10 producteurs ayant moins d'1 hectare de terre.
Nous passons alors l'après midi à visiter nos producteurs, à définir leur profil, à déterminer leurs revenus, à discuter avec eux de l'intérêt potentiel d'une coopérative. Nous réalisons également des tests de cadastre pour vérifier leur surface de production, nous envisageons différentes hypothèses de rendement, nous expliquons nos contraintes en termes de qualité... Ces personnes ne vivent que du raisin et de la pistache. Ils gagnent entre 20 et 100 Euros par mois pour nourrir une famille avec en moyenne 3 enfants.
Reste à se mettre d'accord sur une structure de prix, ce qui sera fait en fin d'après midi avec l'ensemble des producteurs identifiés, et je renvoie la balle au PNUD pour la création de la coopérative.
Tout s'est finalement bien déroulé et je reviendrai début septembre pour superviser la récolte...
merci pour ce joli article :) la palestine est le seul pays arabe ou le taux d'analphabetisme et trop bas et ce pays a donné de très iminent intrelectuels arabe faut trouvé une solution a ce conflit n'oublions que nous sommes tous les descendant d'adam et eve :)
Rédigé par: paix | 15 juillet 2009 à 18:03