Voyage au Kurdistan Turc
Bonjour à tous,
Cette semaine, départ vers le sud de la Turquie dans une région à forte dominante kurde. Premier avion vers Istanbul, deuxième en direction de Gaziantep puis 2 heures de route de voiture pour rejoindre le village de Suvarli. Ici la population est uniquement agricole et cultive le raison de Besni et la pistache. Je me joins à un programme du PNUD (Programme des Nations Unis pour le Développement) qui tente de mieux intégrer les femmes dans l'activité économique locale. L'initiative me rappelle assez celle de l'Onudi, dans le Rif marocain, avec qui nous sommes associés dans le cadre de notre huile d'olive pour promouvoir les femmes de la coopérative Fedolive.
Mardi matin, première rencontre avec les producteurs et les femmes du village. Je présente notre action, ils me parlent de leurs difficultés, de leurs attentes. Gozde, la responsable du PNUD expose l'avancée de son programme... Nos démarches ne sont pas forcément totalement compatibles. Elle souhaite créer une coopérative autour des femmes les plus défavorisées du village qui travaillent comme saisonnières pour des producteurs. Ces femmes achèteraient les raisins secs aux producteurs et nous les revendraient. Plusieurs problèmes pour nous dans ce schéma:
Premièrement, je ne comprends pas forcément le bien-fondé d'une telle coopérative qui ne ferait que du négoce en rachetant et en revendant...Deuxièmement, les producteurs auxquels elles achèteraient sont ceux qui ont recours systématiquement à de la main d'oeuvre saisonnière et qui sont donc "relativement" privilégiés. Dans le schéma proposé par le PNUD, ces producteurs "moyens" seraient les principaux bénéficiaires du système de par l'achat des raisins par la coopérative à un prix juste.
Je préfèrerais qu'on oriente les travaux vers la constitution d'une coopérative de petits producteurs auxquels on apporte une contribution sensible par notre prix. On pourrait ensuite consacrer la prime du commerce équitable à des programmes visant les femmes saisonnières du village.
Les rencontres de producteurs de la journée me confortent dans mes inquiétudes. Les producteurs rencontrés ont entre 8 et 10 hectares de terres ce qui est bien au-dessus de la moyenne des producteurs avec lesquels nous travaillons habituellement (1 hectare).
Au soir de la première journée, j'ai quelques doutes sur la possibilité de se greffer à ce programme. Il va falloir en repenser la structure pour qu'elle réponde à nos critères et à nos engagements. A voir...
http://cultivetonkurde.over-blog.com/
Rédigé par: lise | 24 décembre 2006 at 16:21