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Ouvrages de référence

Producteurs

  • Audit_051
    Visages croisés durant mes visites: visages attachants et pleins d'histoire ! Rencontres avec des hommes et femmes d'exception...

« juin 2006 | Accueil | décembre 2006 »

Premiers pas en Palestine

Bonjour,

après avoir pas mal voyagé dans la région du Moyen-Orient entre Liban, Syrie et Jordanie, je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir Israël et les territoires occupés. Arrivée à Taybeh, en Cisjordanie, le samedi soir, pour me pencher sur la filière huile d'olive que nous avons mis en place depuis 2004. Taybeh, c'est Cloche-Merle! un paysage désertique de collines et des villages qui peuplent chaque sommet. Les villages se regardent, s'épient et se testent. J'arrive donc et ressens tout de suite une certaine agitation, une certaine tension. Taybeh est un village chrétien. La veille, un habitant du village d'en face, musulman, traverse le village en voiture, heurte le véhicule d'un local. Le ton monte, on en vient aux mains.  Le palestinien musulman retourne dans son village (la colline d'en face) et revient accompagné d'une centaine de jeunes. L'engueulade de circulation tourne en bataille rangée où la dimension confessionnelle prend tout de suite le dessus. Résultat de la bagarre: des voitures brûlées et surtout un jeune musulman qui perd un oeil.

Difficile dans ce contexte de s'extirper des querelles de clocher qui portent pourtant en elles tous les enjeux de la région. On voit à l'échelle du village la difficulté, voire parfois l'impossibilité, de réconcilier les positions. C'est assez désespérant.

Le jus de fruits au Brésil

Bonjour,

Le marché de jus de fruits est fou!!! Le jus d'orange, tout comme le jus de pamplemousse, atteint des sommets avec un prix de marché qui approche aujourd'hui les 2000US$ la tonne de concentré.  Il y a encore quelques années le concentré d'orange s'échangeait sur les marchés internationaux à des prix bien inférieurs à 1000$ la tonne: pourquoi une telle évolution et à qui profite-t-elle? Certes, des raisons naturelles expliquent cette tendance avec les dégats des dernières années sur la Floride qui concentre aujourd'hui la majeure partie de la production d'agrumes. Les ouragans, les inondations ont largement endommagés les plantations, en Floride comme à Cuba, entraînant une forte baisse des volumes. Mais c'est finalement la spéculation qui maintient cette situation et l'accentue. Lors de mon dernier voyage au Brésil, au mois d'octobre, cette situation était criante. Malheureusement, cette situation ne profite que partiellement aux coopératives de petits producteurs. En effet, aucun groupement n'est assez puissant et structuré pour bénéficier de sa propre unité de fabrication, transformant les fruits en concentré. Les groupements achètent les fruits aux producteurs puis utilisent les services d'une industrie pour la transformation en échange d'une rémunération. Or, ces industries font l'objet d'une concentration très forte dans les mains des conglomérats du jus comme Citrovita ou Parmalat. Lorsque le prix de marché augmente, les industries préfèrent généralement vendre leur propre concentré plutôt que de processer pour le compte des coopératives. Elles tentent donc de faire augmenter le prix de leur prestation soit pour rentabiliser leur activité soit pour dissuader les coopératives de les solliciter. Du coup, la majeure partie de l'augmentation du prix de marché est utilisée par les coopératives de commerce équitable pour payer une prestation de service qui flambe.

Il est donc plus que nécessaire d'aider ces groupements à acquérir leur autonomie en investissant dans leur propre unité de transformation. C'est ce que nous essayons de mettre en place, notamment au travers du projet Alter Eco Brésil qui vise à commercialiser des produits brésiliens sur le marché brésilien. A horizon 2008, nous espérons que les producteurs d'agrumes brésiliens auront gagné leur autonomie.

La banane du Costa Rica

Bonjour,

nous travaillons depuis qqes mois avec la coopérative APPTA qui se situe dans le sud-est du Costa Rica, dans la région de Talamanca. A l'occasion d'une mission, cet été, j'ai encore pu constater à quel point les contrastes peuvent être saisissants dans ces régions. Talamanca: le repère des jeunes touristes américains et européens qui viennent se prélasser sur les magnifiques plages du pays en sirotant tranquillement leur margarita... A quelques kilomètres de là, le village de Bribri, en retrait par rapport à la côte et ignoré des flux touristiques. C'est là que plus d'un milliers de producteurs se sont regroupés pour tenter de survivre sur un marché de la banane trusté par Dole, Chiquita ou Del Monte. 2 mondes qui n'ont rien à voir: Côté Chiquita, d'immenses plantations à perte de vue, uniquement en monoculture, utilisant à profusion pesticides et herbicides et où les régimes sont tractés vers l'usine par des systèmes automatiques. Côté APPTA, principalement de l'agriculture de consortium où bananiers et cacaoiers cohabitent, des chemins boueux pour rejoindre après 45 minutes de marche "la propriété" d'un producteur, au milieu des collines et de la jungle, un produit entièrement biologique et le chemin en sens inverse pour ramener les régimes à la route...Et pourtant, au final les deux bouteilles sont sur les mêmes rayons...